UPJ : Découvrez l’interview de Jacques MY, Directeur Général de l’UPJ et Président de l’Académie du Biocontrôle à propos de la notion de biocontrôle pour les jardiniers amateurs, la distribution et les industriels

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Les 20 et 21 avril 2016, la Clinique des Plantes et la Mairie du 7ème arrondissement de Paris offraient un diagnostic gratuit aux  jardiniers amateurs, non seulement pour les conseiller en examinant leurs plantes vertes mais aussi et surtout pour les sensibiliser aux bons gestes et aux bonnes pratiques, dans le jardin. A cette occasion, Jacques MY, Directeur Général de l’UPJ et Président de l’Académie du Biocontrôle a accepté de nous accorder cette interview afin de nous donner plus d’information à propos du biocontrôle :

« Le biocontrôle est une notion floue car on en parle depuis relativement récemment. Dans l’arsenal réglementaire, cette notion franco-française, qui n’existe pas au plan européen, a été introduite en octobre 2014.

Et pourtant, il s’agit de quelque chose de relativement ancien, puisqu’avant, on parlait de « lutte biologique » : les coccinelles qui mangeaient les pucerons. Donc ça, c’est du biocontrôle.

La notion de biocontrôle n’existe pas du tout au niveau européen, au niveau des règlements : pour le moment, c’est une notion franco-française. Au niveau réglementaire, dans les autres pays, on parle de protection biologique.

Le biocontrôle désigne des produits qui vont agir sur des mécanismes naturels et il y a une nouvelle logique dans le biocontrôle, c’est à dire que l’on parle d’équilibre des populations et non plus d’éradication comme dans l’ancien système où j’avais un insecte et je mettais de l’insecticide pour obtenir la destruction totale de l’insecte, quitte à revenir 15 jours après.

Avec la notion de biocontrôle, on va intervenir sur des mécanismes et après, on va arriver à un équilibre acceptable pour les cultures, pour son jardin.

Il y a 4 catégories de produits de biocontrôle :

1/ Les macro-organismes (les larves de coccinelles, les coccinelles),
2/ Les micro-organismes (les champignons, les bactéries, les mycoplasmes),
3/ Les médiateurs chimiques (les phéromones : on met, par exemple, des hormones qui vont attirer les insectes pour entraîner une confusion sexuelle et ça permet de contrôler les populations),
4/ Les substances naturelles (l’acide pélargonique, l’acide acétique, le souffre) des substances présentes à l’état naturel, dans la nature, et qui ont des pouvoirs de protection des plantes (des pouvoirs insecticides, fongicides et herbicides).

Techniquement, ce qui pose problème c’est que l’on est face à une nouvelle catégorie, face à de nouvelles définitions, face à de nouvelles dispositions. On dit, par exemple, au jardinier amateur « qu’à partir du 1er janvier 2019 , vous n’aurez en libre-service que les produits de biocontrôle, vous devez aller vers ce type de produit, mais on n’en a pas la liste ». Donc, c’est très compliqué d’avoir une notion qui paraît bien définie mais qui, in fine, ne permet pas d’avoir les noms commerciaux des produits ! Cela pose un vrai problème !

A ce jour, au mois d’avril 2016, on ne sait toujours pas quels sont les produits ou les marques qui entrent dans la catégorie du biocontrôle, alors que cette fameuse liste des produits qui doit être établie par l’autorité administrative a été annoncée en octobre 2014 !

Or il est essentiel d’avoir cette liste pour les distributeurs (pour savoir comment ils vont organiser leurs magasins), pour les industriels (pour savoir quels types de produits ils doivent développer) et enfin pour les consommateurs (pour savoir ce qu’il aura à sa disposition), sachant que le biocontrôle implique une approche plus « globale » du jardin : on n’est plus dans la notion d’éradication d’un problème, mais dans celle d’établir des équilibres. C’est une sorte de retour de l’agronomie dans les jardins. Donc ces produits là, le consommateur doit se les approprier et doit apprendre à les utiliser.

En outre, on ne sait pas non plus si les produits qui entrent dans la catégorie « biocontrôle » sont également des produits « UAB ». Il n’y a pas de recouvrement entre UAB (Utilisable en Agriculture Biologique) et le biocontrôle. Par exemple, la bouillie bordelaise est clairement utilisable en UAB, mais elle n’est pas biocontrôle. De la même façon, il y a des herbicides biocontrôle, comme l’acide acétique, l’acide pélargonique, mais on aura jamais un herbicide UAB -c’est un parti pris- car en UAB on n’utilise pas d’herbicide, qu’il soit naturel ou chimique de synthèse.

Pour faire avancer la notion de biocontrôle, il faut faire prendre conscience aux politiques qu’il faut expliquer et simplifier : ce n’est pas le tout de dire qu’il y a une liste, il faut comprendre quels sont les critères qui font que l’on arrive sur la liste et comme cela tout le monde le saura, à la fois l’industriel, le commerçant et le consommateur. »

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